Les sources de mes propos sur BeCuriousTV

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Les sources de mes propos sur BeCuriousTV

 

Par Maxime Chaix

 

« Le 2 décembre 2015, j’ai été interviewé par Leila Delarive et Fred Valet dans l’émission “Qu’est-ce qu’elle a ma girl”, sur la chaîne helvétique BeCuriousTV. À cette occasion, j’ai pu dénoncer ce que je considère comme de graves dérives des politiques étrangères occidentales, en particulier le soutien d’al-Qaïda en Syrie par les gouvernements états-unien et français. J’ai également critiqué l’état de guerre perpétuelle depuis le 11-Septembre, ainsi que les politiques de durcissement sécuritaire imposées depuis lors, qui n’empêchent pas les attentats en Occident mais qui détruisent nos libertés publiques. Au vu du caractère sensible des sujets évoqués, j’ai donc pris l’initiative de sourcer mes principales déclarations, afin que vous puissiez approfondir les thèmes développés dans cette émission et vous assurer du sérieux de ma démarche – puisque l’on m’a demandé si le Père Noël existait dès les premières minutes de l’interview… Je remercie néanmoins Leila Delarive de m’avoir donné l’opportunité de m’exprimer sur des sujets aussi délicats, ce qui aurait été probablement impossible en France. »

 

 

  • 1min16s : Rectificatif : je suis en effet le principal traducteur francophone de Peter Dale Scott, mais je ne suis pas son principal conseiller éditorial. 

 

 

 

  • 6min39s : Deux détails à rectifier : l’hôtel où se rencontraient les directeurs des services spéciaux états-uniens (CIA) et saoudiens (GID) dans les années 1980 n’était pas situé à Peshawar mais à Islamabad, au Pakistan (voir cet extrait de La Machine de guerre américaine de Peter Dale Scott [pp.36-39]). En réalité, la ville de Peshawar abritait le siège du Maktab al-Khadamat administré par Abdullah Azzam et Oussama ben Laden. Cette organisation gérait l’afflux de moudjahidines vers l’Afghanistan pour le compte de la CIA, de l’ISI pakistanaise et du GID saoudien, d’où ma confusion. Par ailleurs, le directeur des services spéciaux pakistanais n’était pas présent dans ces réunions. Il s’agissait en fait du général Zia, qui était alors le Président du Pakistan. Ce dernier rencontrait les directeurs de la CIA et du GID lors de réunions secrètes organisées par son associé Agha Hasan Abedi, le directeur de la BCCI (Bank of Credit and Commerce International). La BCCI était une banque criminelle qui fut liquidée au début des années 1990. Elle a été impliquée en profondeur dans le financement de la guerre secrète de la CIA en Afghanistan, dans l’affaire Iran-Contra et dans de nombreux autres scandales internationaux. Ces deux erreurs n’altèrent pas l’essence de mon propos, soit le fait que les manigances du directeur de la CIA et de ses partenaires saoudiens et pakistanais ont été à l’origine d’al-Qaïda. En effet, comme l’a écrit Peter Dale Scott dans L’État profond américain

 

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« Dans les années 1980, William Casey, le directeur de la CIA, prit des décisions cruciales dans la conduite de la guerre secrète en Afghanistan. Toutefois, celles-ci furent élaborées hors du cadre
bureaucratique de l’Agence, ayant été préparées avec les directeurs des services de renseignement saoudiens – d’abord Kamal Adham puis le prince Turki ben Fayçal. Parmi ces décisions, nous pouvons citer la création d’une légion étrangère chargée d’aider les moudjahidines afghans à combattre les Soviétiques. En clair, il s’agit de la mise en place d’un réseau de soutien opérationnel connu sous le nom d’al-Qaïda depuis la fin de cette guerre entre l’URSS et l’Afghanistan. Casey mit au point les détails de ce plan avec les deux chefs des services secrets saoudiens, ainsi qu’avec le directeur de la Bank of Credit and Commerce International (BCCI), la banque pakistano-saoudienne dont Kamal Adham et Turki ben Fayçal étaient tous deux actionnaires.

 

Ce faisant, Casey dirigeait alors une deuxième Agence, ou une CIA hors canaux, construisant avec les Saoudiens la future al-Qaïda au Pakistan, alors que la hiérarchie officielle de l’Agence à Langley “pensait que c’était imprudent”. Dans La Machine de guerre américaine, j’ai situé le Safari Club et la BCCI dans une succession d’accords conclus dans le cadre d’une “CIA alternative” ou d’une “deuxième CIA”, datant de la création en 1948 du Bureau de Coordination Politique (OPC pour Office of Policy Coordination). »

 

  • 10min33s : Concernant l’article cité par Michel Onfray sur Twitter, à propos des 4 millions de morts en Irak, en Afghanistan et au Pakistan, il s’agit de cette analyse de Nafeez Mosaddeq Ahmed, qui avait été reprise par mes partenaires du blog Les-Crises.fr. Depuis, Michel Onfray a fermé son compte Twitter en exprimant le souhait de s’éloigner des médias, ce qui est regrettable mais compréhensible. En effet, comme je l’ai souligné durant cette émission, il est de plus en plus difficile d’exprimer des opinions réellement dissidentes en France sans être soumis à une intense pression médiatique. Monsieur Onfray avait néanmoins évoqué cet article sur LCI peu avant d’annoncer sa décision de se mettre à l’écart des médias. 

 

  • 12min23s : Au sujet de l’opacité des négociations sur le Traité transatlantique, voir notamment cette interview menée par l’IRIS, qui nuance le supposé « machiavélisme » des négociateurs. Durant l’émission, j’avais souligné que cette opacité pouvait susciter des « théories du complot ». Au contraire, voici un article plus critique sur ces tractations opaques et sur les objectifs de ce traité. Voir également ces révélations récentes d’un eurodéputé belge, qui dévoile que cet accord serait favorable à l’agriculture des États-Unis, et ce au détriment des pays de l’Union européenne. Enfin, je vous recommande cette intéressante analyse, qui explique pourquoi les multinationales états-uniennes auraient l’avantage compétitif du dollar en cas d’accord, ce qui conduirait à l’appauvrissement des populations de l’UE. 

 

  • 13min32s : Concernant cette révélation de ce député français sur Twitter, j’ai ensuite publié une interview-choc de ce parlementaire afin d’approfondir cette question. Cet entretien et l’article qui l’introduit étaient en cours d’élaboration durant l’émission de BeCuriousTV. Comme je l’avais souligné dans un précédent article, les médias français occultent le soutien clandestin d’al-Qaïda par l’État français en Syrie. 

 

 

  • 15min45s : À propos des prises de position courageuses de l’ancien juge antiterroriste Marc Trevidic, voir cet article sur le site des Inrockuptibles, qui cite une interview dans LesEchos.fr.

 

  • 16min16s : Sur les errements de la diplomatie française, voir cet excellent article de Richard Labévière. 

 

  • 23min13s : Concernant l’affaire des LuxLeaks, je vous conseille les articles de L’Expansion. J’en profite pour rectifier un affreux lapsus prononcé à 23min41s : Jean-Claude Juncker n’est pas « l’ancien Premier ministre suisse » (!), mais l’ancien Premier ministre luxembourgeois. Les deux présentateurs n’ont pas relevé ce lapsus, et je ne m’en suis rendu compte qu’au second visionnage. Les aléas du direct…

 

  • 24min13s : Sur l’importance du référendum en France, afin de ré-impliquer les citoyens dans la vie politique, voici cette intéressante réflexion de l’auteur et universitaire François Garçon : « Il faut expérimenter la démocratie directe avec l’instauration d’une part du droit de référendum, qui permet aux électeurs de s’opposer légalement à une loi votée et, d’autre part, de l’initiative populaire, qui permet à ces mêmes électeurs de proposer par voie légale des changements ou des aménagements institutionnels. Il n’est plus possible que les lois émanent de quelques personnalités. De quel crédit la ministre de la Justice peut-elle aujourd’hui se prévaloir après avoir annoncé la fin du délit de non possession du permis de conduire? Mesurez-vous qu’il ne s’est même pas trouvé un type assez courageux dans son ministère pour lui dire qu’il s’agissait d’une initiative aussi idiote que nocive ! À ma connaissance, nulle part sur la planète le permis de conduire n’a été supprimé. On doit donc pouvoir civiliser les Français, autrement dit les impliquer dans le processus législatif. Et surtout ne plus jamais recourir au référendum classique, celui que nous connaissons, à question binaire, qui permet au râleur de répondre “non” sans avoir seulement lu la question. »

 

  • 25min : Sur le sentiment de dépossession politique d’un nombre grandissant de citoyens français, et sur l’essor correspondant des « théories du complot », lire cette intéressante analyse de Frédéric Lordon, intitulée « Conspirationnisme : la paille et la poutre ». 

 

 

Maxime Chaix

 

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